Les Rues d’Aix – Saint-Eutrope


Les Rues d’Aix
ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851
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SAINT-EUTROPE

En face de la porte Bellegarde s’ouvre la grande route qui conduit à Venelles, Pertuis et toute la Haute-Provence. Une première rampe très raide et de peu de longueur, 1 aboutit à un premier repos à côté de la chapelle Saint-Eutrope fondée en 1469, ainsi que le bâtiment attenant, destiné à servir d’hôpital pour les hydropiques. 2 On a conservé pendant deux siècles dans cette chapelle le portrait de l’ermite, frère Valère des Champs, de Sainte-Colombe, duquel nous avons parlé à l’occasion de la grande peste de 1580. 3 Ce portrait historique et curieux, dont nous possédons une copie au crayon, a disparu pendant la révolution, et la chapelle elle-même fut abattue en 1803. M. l’abbé Rey, alors chanoine de Saint-Sauveur (depuis évêque de Dijon, actuellement chanoine de premier ordre de Saint-Denis), en ayant acquis l’emplacement, la fit rebâtir dix-huit ans plus tard, telle que nous la voyons aujourd’hui, et fit placer sur la porte d’entrée cette inscription :

EVERSA SURREXI MDCCCXXI.

Le 16 août de la même année, Mgr de Bausset, archevêque d’Aix, vint y célébrer solennellement les saints mystères, en mémoire de cette reconstruction.
La Ville d’Aix avait arboré depuis plusieurs années les étendards de la Ligue sous divers chefs tels que le Baron de Vins, la comtesse de Sault, le duc de Savoie et autres, lorsque le duc d’Epernon, gouverneur de Provence an nom d’Henri IV, résolut d’en faire le siége, persuadé de la soumission de tous les Ligueurs de cette province, s’il parvenait à s’emparer de la capitale. A cet effet, au mois de mai 1593, il ravagea le territoire à la tête de ses troupes, et le 25 juin il assit son camp sur les hauteurs voisines de la chapelle Saint-Eutrope et qui dominent la ville du côté du nord. Il y construisit un fort qu’il garnit de pièces d’artillerie, et le comte de Carces, grand sénéchal de Provence, qui commandait alors dans Aix au nom du duc de Mayenne, son beau-père, 4 établit dans cette ville ou ses alentours des bastions, des redoutes et autres fortifications. Les détails de ce siége ne peuvent être rapportés dans ce court exposé et il suffit de renvoyer le lecteur aux divers historiens de Provence qui en ont parlé, tels que Nostradamus, Bouche, Pitton, Gaufridi, Papon, etc. Des négociations furent souvent entamées et rompues, pendant lesquelles d’Epernon ne cessa de commettre des dégâts horribles dans les campagnes, d’où était venu ce dicton longtemps employé par nos paysans, à la suite de quelque fléau :  » a fach tan de maou qué Parnoun.  » Cependant Henri IV ayant abjuré l’hérésie, la ville d’Aix se rangea sous son obéissance au mois de janvier 1594, et une partie de la noblesse qui était attachée à d’Epernon l’abandonna et demanda au roi son rappel, ainsi que faisaient la ville et le parlement, ce qui irrita tellement le duc qu’il continua le siége nonobstant la soumission des habitants. Enfin Henri IV étant entré dans Paris le 22 mars 1594, révoqua le duc d’Epernon qui se jeta alors dans le parti expirant de la Ligue. Lesdiguières fut envoyé en Provence au mois de juillet suivant et s’étant porté avec le comte de Carces, sous prétexte d’une partie de chasse, au fort Saint-Eutrope, dont il se fit remettre les clefs par ceux qui le gardaient encore en absence du duc, il y introduisit les habitants d’Aix qui, en peu de jours, démolirent toutes les fortifications, ce qui mit fin à ce siége dont la durée avait été d’un peu plus d’un an. Quoiqu’il ne s’y fût jamais rien passé de bien remarquable sous le rapport stratégique, le plan figuratif auquel il a donné lieu n’en est pas moins très précieux pour la ville dont il représente fidèlement l’état à la fin du XVIe siècle. 5
Ce plan existe au musée de la ville. C’est l’ouvrage d’un peintre contemporain du siége et dont le nom est demeuré inconnu. Ce très curieux tableau, peint sur toile dans les dimensions d’un mètre 70 centimètres de largeur, sur un mètre 37 centimètres de hauteur, provient du cabinet de feu M. le président de Saint-Vincens le fils qui l’avait acquis, peu de temps après la mort de son père, de feu J.-J.-P. Brochier, notre ami, chez lequel nous l’avions vu cent et cent fois dans notre jeune âge, sans en connaître le prix non plus que lui. Il était alors couvert de crasse, de poussière et de fumée, et c’était avec peine qu’on y distinguait, par-ci, par-là, quelques objets. M. de Saint-Vincens n’avait jamais osé le faire nettoyer dans la crainte de ne le perdre entièrement. M. Clérian, professeur-directeur de l’école de dessin, eut, en 1840, le courage de l’entreprendre et le bonheur de réussir complètement. A son invitation, nous fîmes placer sur chaque rue, chaque mouvement, chaque fortification intérieure ou extérieure etc. , des chiffres qui se rapportent à un tableau explicatif joint au tableau principal et au moyen duquel chaque point de celui-ci nous paraît parfaitement éclairci, et propre à satisfaire la curiosité des nombreux amateurs qui viennent le visiter journellement.
La ville et ses alentours y sont représentés à vol d’oiseau. Tout n’est pas, il est vrai, dans une précision géométrique, mais tien n’a échappé à l’artiste. Tous les édifices alors existants dans l’intérieur ou à l’extérieur de la ville, y sont fidèlement rapportés, tels principalement que l’église métropolitaine de Saint-Sauveur, l’ancien palais des comtes de Provence où siégeaient les cours souveraines, les tours antiques des Romains, l’Hôtel-de-Ville et la grande horloge, les églises et les couvents, etc., et il n’est pas une rue ou un impasse qui ne s’y trouve, comme il n’y a pas de grande route ou de chemin transversal qui n’y soit vu, avec plus ou moins d’exactitude quant aux dimensions ou aux distances.
La ville n’avait guère alors plus de la moitié de son étendue actuelle. Elle était encore ce qu’elle était devenue progressivement sous les anciens comtes de Provence, augmentée toutefois du quartier de Villeneuve, comprenant les rues Saint-Louis, du Grand-Boulevard et autres, situées au levant des rues du Bourg-d’Arpille et de Ganay. Depuis dix ans seulement ce quartier était renfermé dans l’enceinte de la ville et ne comptait, lors du siége, que peu de maisons comme on le voit dans ce tableau. Inutile d’ajouter que les quartiers de Villeverte, d’Orbitelle et de Saint-Jean n’existaient pas encore.
Les points les plus remarquables du tableau dont nous parlons, situés le long des remparts sont, outre les nombreuses tours et tourelles que nous avons mentionnées dans notre premier vol. (pag. 640 et suiv.) et qui sont toutes figurées ici :
La porte Notre-Dame au devant de laquelle les assiégés avaient placé une redoute avec un canon en batterie, représenté au moment où il tire contre le fort Saint-Eutrope, de même que les autres canons dont nous allons faire mention ;
La tour de Girardi, au premier angle saillant, au levant de la porte Notre-Dame, où ils avaient arboré le drapeau de la ville, écartelé aux premier et quatrième quartiers, de rouge ou de gueules ; aux deuxième et troisième, de jaune ou d’or, les quatre quartiers séparés par une croix blanche ou d’argent ;
Un canon établi en dehors et contre le rempart, dans l’angle rentrant qui se trouve à l’extrémité de la rue actuelle du Séminaire ;
La porte Bellegarde avec un canon placé entre cette porte et la tour voisine dite de Jean Nègre ou Nigris, où se voit aussi arboré le drapeau de la ville, rouge et jaune avec la croix blanche ;
Un canon au premier angle du quartier de Villeneuve (Saint-Louis et la Plate-Forme), alors nouvellement entrepris, depuis 1583 ;
Un autre canon, à l’extrémité nord-est de ce même nouvel agrandissement (à peu près vers la porte Saint-Louis) ;
La porte Saint-Jean (alors située vers l’extrémité méridionale de la rue actuelle du Pont-Moreau) ;
La tour de Saint-Jacques ou d’Escoffier (vers l’entrée de la rue actuelle du Trésor) ;
La porte royale ou des Augustins (alors située un peu au dessous et au couchant de l’église du Saint-Esprit) ;
La porte des Cordeliers surmontée de la tour de Basteti ;
Enfin, la tour de la poudrière ou Tourreluco, avec un canon, établi dans la place située entre cette tour et l’église de l’Observance.
Les édifices qui existaient alors hors la ville tels que l’hôpital Saint-Jacques, divers couvents, l’église de Saint-Jean, etc., sont également figurés dans ce tableau de même que les autres fortifications construites par les habitants d’Aix. Nous allons en parler succinctement :
L’ancienne église de Notre-Dame de Consolation et le couvent des Capucins, situés auprès de l’hôpital Saint-Jacques (auquel ils sont maintenant réunis). Sur ce couvent flotte le drapeau de la ville, rouge et jaune et la croix blanche ;
La chapelle de Notre-Dame-des-Anges qui se trouvait à l’entrée du petit chemin du Tholonet (aujourd’hui la rue du Louvre), et vis-à-vis, le fameux Jardin du Pin où, trente ans auparavant, les catholiques pendaient les huguenots ;
L’église de Saint-Jean avec le drapeau de la ville arboré sur la tour dite du Commandeur ;
La boucherie, et tout auprès, la maladrerie ou hôpital Saint-Lazare ;
L’église de Notre-Dame de la Seds et le couvent des Minimes (actuellement les dames du Saint-Sacrement), surmonté du drapeau de la ville ;
Les chapelles de Sainte-Croix et de Saint-Laurent et le cimetière portant ce dernier nom, au nord de Notre-Dame de la Seds ;
Deux redoutes établies, l’une dans le pré de Monyer, au couchant et non loin d’un petit fort élevé par le duc d’Epernon près du pont de Beraud ; l’autre sur la rive gauche de la Torse au levant de ce petit fort, avec le drapeau de la ville et deux canons ;
Enfin le fort Saint-Roch construit sur le côteau dit de Sabatier (aujourd’hui le Mont-Perrin, à l’extrémité sud-ouest des allées dites de Marseille), avec deux drapeaux aux couleurs de la ville, rouge et jaune, traversées par une croix blanche, ainsi que nous l’avons déjà dit.
Telles étaient les fortifications dont nos pères s’étaient entourés pour se garantir des fureurs du duc d’Epernon. Elles consistaient principalement en huit canons que nos lecteurs ont pu compter avec nous et au moyen desquels les assiégés incommodaient leurs ennemis du mieux qu’ils pouvaient. 6
Celles que le duc avait construites sur les hauteurs de Saint-Eutrope, ne sont pas moins fidèlement représentées sur le tableau en question dont l’exactitude ne saurait être révoquée en doute. Voici en quoi elles consistaient :
La chapelle Saint-Eutrope où le duc avait établi diverses batteries et fait arborer son drapeau vert, traversé par une croix blanche ;
La citadelle proprement dite, ou le grand fort Saint-Eutrope, comprenant les deux côteaux qui se trouvent, l’un à la droite, l’autre à la gauche de la grande route actuelle de la Haute-Provence ;
Le donjon 7 ou quartier particulier de d’Epernon, là même où existe aujourd’hui, une jolie maison de campagne, un peu au dessus de la chapelle Saint-Eutrope ;
Quatre redoutes avancées, avec batteries faisant feu, sur le penchant sud-ouest du côteau, entre la citadelle et l’hôpital Saint-Jacques ou la ville ;
Un petit fort construit sut la rive droite du ruisseau de la Torse, à l’angle formé par le pont de Beraud et le chemin allant à Saint-Marc et à Vauvenargues.
Dans le tableau que nous décrivons, On n’aperçoit absolument personne qui parcoure les rues, pas même une femme un enfant, un religieux, un invalide ou un vieillard. La ville semble morte; ou n’y voit que les édifices publics ou les maisons des particuliers. Peut-être le peintre a-t-il voulu par là représenter l’abandon dans lequel il la suppose, soit que la consternation y régnait, soit que tous les habitants se répandissent journellement dans les champs pour contenir et harceler les soldats ennemis.
Mais la campagne, les grandes routes, les moindres chemins traversiers sont couverts de milliers de personnages qui se battent entre eux, qui vont et viennent d’un côté et d’autre. Les troupes de la ville et celles du duc d’Epernon répandues çà et là, comme celles qui gardent les fortifications respectives, sont toutes vêtues de hauts-de-chausses et de pourpoints de diverses couleurs, jaunes, bleus, rouges, verts, etc., et ont la tête couverte d’un casque ou d’un berret. Les fantassins sont tous armés de piques ou de fusils et les cavaliers de mousquetons ou de sabres. Les nombreux bataillons de d’Epernon, tant à pied qu’à cheval, ont la plupart des drapeaux verts avec la croix blanche ou traversés seulement par des faces blanches. Le vaste champ situé entre l’hôpital Saint-Jacques et la citadelle en est principalement encombré, de même que le camp du duc et la plaine dite de Marueges située au nord de ce camp et qui termine la partie supérieure du tableau.
Rien d’aussi amusant, d’aussi piquant que ces petites figures parfaitement dessinées et dont les attitudes animent le tableau d’une manière si variée. Quoique bien restauré, ce tableau commence à vieillir, puisqu’il n’a pas moins de deux cent cinquante ans d’existence. il dépérit insensiblement d’un jour à l’autre et doit finir par disparaître, peut-être même plus tôt qu’on ne peut le craindre. Dès lors, ne serait-il pas à propos d’en assurer la conservation et la durée pendant plusieurs siècles et d’en multiplier les copies, par le moyen de la gravure ou de la lithographie ? Ces copies perpétueraient d’âge en âge le monument historique le plus curieux, nous osons le dire, et le plus fragile de tous ceux que notre ville possède. Bien longtemps après nous, nos descendants jouiraient du même plaisir que nous éprouvons chaque fois que nous avons sous les yeux cette représentation fidèle de notre pays, de ses édifices et de ses alentours, tels qu’ils existaient à la fin du XVIe siècle.
Le vaste bâtiment situé entre la ville et la chapelle Saint-Eutrope, au couchant de la grande route et qu’occupe actuellement le beau pensionnat de Sainte-Croix, dirigé par les pères de la Retraite, était, avant la révolution, le Petit-Séminaire, fondé en 1742 par Mgr de Brancas, archevêque d’Aix, pour les jeunes gens qui se destinaient à l’état ecclésiastique.
Au bas et au levant de la descente de Saint-Eutrope est située la promenade la plus saine, dit-on, des environs de la ville et qu’on appelle le cours de la Trinité. A quelque distance au nord de cette entrée, est bâti l’hôpital destiné aux insensés. Aucun établissement de cette nature n’existait à Aix avant la fin du XVIIe siècle. Les furieux seuls étaient renfermés dans l’hôpital de la Charité, consacré aux vieillards et aux enfants. Ce. ne fut qu’en 1690 ou 91 que ces malheureux fuient placés provisoirement dans la maison d’un particulier, située à l’extrémité de la rue Saint-Lazare, en attendant qu’un local plus convenable eut été approprié pour leur servir de demeure. Ce local fut enfin désigné, et la première pierre en fut posée, le 2 juillet 1697, par les consuls et la marquise de Marignane. Les insensés n’y furent transférés toutefois qu’après l’hiver de 1709. Des dons considérables furent faits à cette nouvelle oeuvre, notamment par les femmes des deux premiers présidents le Bret, père et fils.
Le second de ces magistrats appliquait ordinairement à cet hôpital le produit des amendes dont il pouvait disposer, disant que ni lui ni personne au monde ne pouvait se flatter d’être à l’abri de la maladie la plus humiliante pour l’espèce humaine. Madame de Simiane, née de Grignan fut aussi l’une des principales bienfaitrices de cette maison.
Le Cours de la Trinité date de la fin du XVIIe siècle. Il a pris son nom du couvent des RR. PP. Trinitaires auquel il servait d’avenue. Ces religieux furent introduits à Aix en 1621 et s’établirent d’abord à une demi-lieue de la ville, dans le vallon des Pinchinats où leur première chapelle se voyait encore au commencement de la révolution. Ils n’étaient alors que mitigés et prirent la déchausse trois ans après. Les Grands-Trinitaires ou Mathurins leur furent réunis en 1770, n’ayant guère subsisté qu’une quarantaine d’années à Aix. 8 Les Déchaussés s’étaient transférés plus près de la ville, au nord-est et dans le voisinage de la porte Bellegarde en 1634, et avaient construit là un couvent et une église qui n’avaient rien de remarquable et qui ont été détruits à la révolution. Les Capucins ont reconstruit l’un et l’autre en 1836 et les occupent actuellement.
Au midi de la langue de terre qui borde le cours de la Trinité, en face du pré de Beaufort et du cours Saint-Louis, et qu’on se propose, dit-on, de traverser pour l’établissement d’une nouvelle route allant à Venelles, Pertuis, etc., commence le chemin qui conduit au charmant vallon des Pinchinats. C’est à la suite de cette partie de chemin, au-dessous de l’ancien enclos des Trinitaires, qu’était la véritable cheminée du roi René, celle où ce bon prince venait se chauffer aux rayons du beau soleil de Provence, bien mieux et plus volontiers qu’en aucun autre de ces abris auxquels on donne le même nom. Telle est la tradition de nos pères. Ce morceau de chemin est en effet plus bas de plusieurs mètres, que le sol du cours de la Trinité. Il est d’ailleurs parfaitement garanti du Mistral par les côteaux de Saint-Eutrope.

1 Il est question, dit-on, d’un nouveau projet suivant lequel, pour éviter cette rampe ou montée de Saint-Eutrope, celle de Maruèges et autres, on prolongerait, la route actuelle ou plutôt la promenade située entre les portes Notre-Dame et Bellegarde, pour la faire passer au midi du Cours de la Trinité, la contourner de là sous l’aquéduc dit des Premières Eaux et l’amener dans le vallon des Pinchinats, d’où on irait, par une montée insensible, reprendre le chemin de Venelles. Retour

2 Ce bâtiment fut à peu près ruiné pendant le siége de la ville par le duc d’Epernon duquel il va être question ci-après, et un pieux habitant le fit reconstruire à ses frais, ainsi que le témoigne l’inscription suivante qu’il y fit placer :
Michel Jaulne, marchand d’Aix, a fait édifier cet hôpital en l’honneur de Dieu.1600. Retour

3 Voyez notre 1er vol., pag. 570. Retour

4 Voyez ce même 1er vol., pag. 547. Retour

5 Voyez notre 1er vol., pag. 330, 424, 511 et 574 ; et celui-ci, pag. 57, note 1re. Retour

6 Gaspard Alpheran, témoin oculaire, rapporte dans son histoire Provençale manuscrite (voyez notre tom. 1er, pag. 471), que le duc d’Epernon ayant des munitions de guerre à son souhait, fit tirer contre la ville plus de trois mille coups de canon, pendant tout le cours du siège, tandis que la ville n’en put faire tirer que deux cents pendant le même espace de temps, faute de munitions. Il évalue ensuite à cinquante seulement le nombre des habitants d’Aix qui furent tués, et à deux mille cinq cents hommes la perte qu’éprouva le duc, dans les diverses sorties que firent les habitants contre ses troupes. Avec de la patience, on pourrait compter dans le journal du procureur Foulques Sobolis, qui enregistrait jour par jour les coups de canon qui se tiraient et les morts qui avaient lieu, si ces calculs sont exacts (voyez notre 1er vol., pag. 424). Retour

7 C’est ainsi que le quartier particulier du duc est désigné dans les mémoires du temps, notamment dans Sobolis. La maison de campagne qui le remplace aujourd’hui, appartient à M. Roux, cordier. Nous avons évidemment fait erreur et nous l’avouons franchement (la vérité étant le premier devoir de l’historien), lorsque, sur la foi d’un vieux manuscrit, nous avons dit ci-dessus (pag. 57) que de la place de la Plate-Forme ou du Boulevard, était parti le boulet de canon qui, le 9 juillet 1593, blessa le duc d’Epernon et tua deux hommes assez près de lui, tandis qu’il jouait aux cartes avec quelques seigneurs, dans un pavillon voisin de sa tente. Le tableau dont nous parlons constate qu’aucune batterie n’avait été établie sur cette place de la Plate-Forme, et véritablement celle-ci est trop éloignée de Saint-Eutrope pour qu’un boulet parti de là, pût atteindre la tente du duc. Ce fut donc d’une autre batterie que fut tiré le coup dont parlent tous les mémoires contemporains ainsi que les divers historiens d’Aix et de Provence. Retour

8 Voyez notre 1er vol., pag. 36, not. 1. Retour