Les Rues d’Aix – Rue de Jouques


Les Rues d’Aix
ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851
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RUE DE JOUQUES

ERTRAND DE JOUQUES, 1 deux fois premier syndic d’Aix en 1377-78 et 1381-82, a donné son nom à cette rue dans laquelle il demeurait. Lors de sa seconde administration, Louis, duc d’Anjou, fils puîné de Jean, roi de France, que la reine Jeanne de Naples avait adopté et déclaré son héritier universel, résolut d’accepter cette adoption et d’aller au secours de sa bienfaitrice. Celle-ci était alors retenue prisonnière par son neveu Charles de Duras, véritable successeur de la première maison d’Anjou et de ses droits sur le royaume de Naples comme sur le comté de Provence. Louis d’Anjou vint à cet effet à Avignon, au mois de février 1382, auprès du Clément VII, pour s’assurer du concours de ce souverain pontife et de celui des Provençaux . Mais ceux-ci et principalement les habitants d’Aix, se souvenant des maux que douze ans auparavant 2 ce même Louis d’Anjou leur avait fait éprouver, refusèrent de le reconnaître, et ce fut pour les forcer que ce prince fit mettre le siège par ses troupes devant cette ville. Cependant ni la force des armes ni les négociations ne lui réussirent : il abandonna ce siège au mois de juin suivant et partit pour la conquête du royaume de Naples, espérant que la ville d’Aix se soumettrait d’elle-même lorsque la capitale du royaume se serait rendue. Cette résistance à la tête de laquelle fut le premier syndic Bertrand de Jouques, fut l’origine de la confédération connue sous le nom d’Union d’Aix qui se forma entre cette ville et quelques autres de Provence, en faveur de Charles de Duras contre la seconde maison d’Anjou, après la mort de la reine Jeanne, étranglée ou, selon d’autres, étouffée entre deux matelas, par ordre de ce prince, à Averse, le 22 mai 1382, pendant que Louis marchait à son secours. Celui-ci étant mort également au mois de septembre 1384, dans le royaume de Naples, combattant contre Charles de Duras, l’Union d’Aix n’en persista que plus fortement dans les sentiments de fidélité qu’elle avait voués à ce dernier, contre Louis II d’Anjou, fils aîné et héritier de Louis 1er, et contre la reine Marie de Blois, mère et tutrice du jeune roi avec lequel elle vint s’établir à Avignon d’où elle continua la guerre et les négociations pendant plusieurs années.
Mais Charles de Duras avant été massacré en Hongrie, au mois de juillet 1386, la ville et l’Union d’Aix perdirent insensiblement la meilleure partie de leurs forces et finirent par traiter avec la seconde maison d’Anjou, c’est-à-dire avec la reine Marie et le roi Louis II, alors à peine âgé de dix ans. Toutefois avant d’en venir là, Rostang Attanulphi, l’un des plus honorables des habitants d’Aix dont il avait été premier syndic quelques années auparavant, fut député à Naples auprès du jeune roi Ladislas fils et héritier de Charles de Duras, et auprès de la reine Marguerite veuve de ce dernier. Le 21 avril 1387, Attanulphi, se qualifiant d’ambassadeur d’Aix, fit le tableau le plus touchant des maux que souffrait cette ville pour le soutien de la cause commune; il exposa que depuis quatre ans elle était
livrée à tous les fléaux de la guerre, tels que la dépopulation, les déprédations, les extorsions, la captivité, les rachats et les injures des soldats de la duchesse d’Anjou qui dévastaient les campagnes et les récoltes, et usaient de violences envers les femmes et les filles. 3 Mais la cour de Naples n’était pas plus en argent que celle d’Anjou; il lui était impossible d’envoyer des secours en Provence, et Attanulphi s’en retourna convaincu de son impuissance.
Les articles de la paix furent donc convenus au mois de septembre 1387, et nous croyons être agréable à nos lecteurs, en leur ici quelques passages du journal de l’évêque de Chartres, Jean Lefèvre, 4 chancelier de Louis 1er et de Louis II, relatifs à la conclusion de cette malheureuse guerre.
SEPTEMBRE 1387
Ce jour (le 7), eust Madame 5 certaines nouvelles par lettres de Guigonnet 6 et de la Caille, 7 que la cité d’Aix se estoit déclarée pour le roi Loys 8 et quatre chasteaulx Lourgues, Alps, le Canet et Grimaldes. Tharascon ne s’est déclarié, quar leurs ambaxieurs qu’ils envoioient en Aix ont été prins sur le chemin par les gens de la viscontesse de Turenne 9 et menés à Meyrargues.
Le 8. Ce jour au vespre on fist fen de joye pour la déclaracion d’Aix en Avignon et Villenove, et cardinalis Ambianensis super omnes.
Scellée une lettre pour maistre Guillem le Tort, 10 Olivier du Solier, Jehan Caroli, Antonel Henrici, secrétaires, auxquels Madame a donné les biens de Burgarin de Triboldis 11 de Aix, rebelle.
Ibi est clausula iniua et inhonesta : nonobstantibus donationibus per dominam aut per regem Ludovicum alii factis, quas revocat. Transivi ob favorem eorum et quia prius signata per dominun, Ray. Bernardum.
Le 11 jour, Jehan de Goy apporta lettres de messire George 12 escrites à Aix que Balthazar 13 avoit fait hommage à Madame en la main de messire George, et que Saint-Maximin, Tholon, Yères et Tharascon et aultres feroient comme Aix.
Scellé un mandement ad officiales euriae Aquensis et bajulum de Bredula ut ponant in possessionem bonorum quae fuerunt Gabrielis Ayraudi 14 de Aquis, Rostagnum Henrici, Petrum Hugonis juniorem et seniorem.
Le 18 jour, Madame et messegneurs ses enfants alerent à Roquemaure, croyans prendre congié du pape 15, mais il voit que Madame attendist la venue des ambaxieurs de Aix.
Le 19 jour, les ambaxieurs de Tharascon alans à Aix, furent devers Madame, lesquels obtindrent les trèves estre ralongées jusques à la Saint-Michiel.
Le 21 jour, messire Pierre de Brueil parti à tout ce de gens qu’il peust avoir pour conduire les ambaxieurs de Tharascon à Aix.
Le 24 jour, le pape vint de Roquemaure en Avignon et le roy li fu au devant oultre Villenove et le convoia à cheval jusques près de la porte du pont devers Avignon à une chapelle, et là le pape se revesti de pluvial et mitre et le roy à pié le convoia, tenant le frain de sa mule jusques au palais et disna avec le pape, puis retourna devers la royne.16
Le 26 jour au matin vindrent les ambaxieurs d’Aix faire la revérance à Madame et au roy, depuis qu’ils l’avoient faite au pape en Avignon. Après disner madame ala de pié en Avignon devers le pape pour li dire povoir de finance envoyer au royaulme et li dist à part: nemine prœter ipsos duos audiente ; puis nous fist le pape jurer super canonem missœ et sacras reliquias de tenir secret une chose qu’il nous reveleroit et mist excommunication in revelantes et jurer que loyalment conseillerions de remediis. Cardinales Cusentius, Thuri, Viviers, episcopi Carnotensis, Aniciensis, camerarius papœ, marescalus papœ, Raymondus Bernardus, Dominus J. de Beauval. Res revelata fuit certa ligua quœ contra domina, machinabatur et contra papam.
Le 27 jour, Madame ala devers le pape au matin et tout le jour y demoura. Conseillé fu que le plustot qu’elle pourra iroit en Aix et que soit forte de gens et ait grand et bon conseil.
Le 29 jour, les ambaxieurs d’Aix disnerent avec Madame et après disner alèrent à Tharascon messire Melchior de Spinollis, Rostaing Vincent 17 et Antoine Vaureille, 18 mandés par ceulx de Tharascon. Scellé…, pro Hugone Bernardi 19 cive Aquensi, quem regina Johanna rationalem Provinciae constituerat, quod officium ad vitam domina sibi confirmat. « 

OCTEMBRE 1387, A VILLENOVE.

 » Le quart jour, Madame ala devers le pape en Avignon, li exposer comment elle ne avoit point de finance pour aller en Aix. Quelle response elle eust, je ne scès.
Le 5 jour, les ambaxieurs d’Aix et de Tharascon en présence de Madame et du roy et du conseil déclairièrent leur propos de venir à l’obéissance de Madame et du roy. Requirent à Madame qu’elle alast en Aix. Présents furent le cardinal Albane, Cusence, Ravenne le chamberlan du pape et plures alii. Rostang Vincent parla pour ceulz de Aix et messire Bourges pour ceulz de Tharascon. Messire Raymond Bernard parla de par Madame.
Le 8 jour, le duc de Bourbon 20 arriva qui venoit d’Espagne. Vint veoir Madame et le roy, et les gens de Madame li furent au devant et je avec les aultres, et li feismes bienvenant. Il passa le pont veue Madame et le compagnerent cardinaulx Amiens et Ravenne.
Le 9 jour, scellé une lettre…, pro universitate Aquensi littera per quom domina declarat cos propter opinionem quam substinuerunt pro Carolo de Duracio, nullam inobedientam rebellionem vel feloniam contra eam seu Regem Ludovicum natum suum incurisse.
Item pro Antonio Bouterici 21 de Aquis qum domina constituit procuratorem et advocatum fisci comitatuum Provenciae et Forcalquerii ad gagia cousueta et ad vitam.
Item pro Rostagno Vincentii de Aquis quem domina restituit ad partem Castri de Rogniis et omnia bona sua mobilia et immobilia quoe habebat ante motam discordiam in Provincia, nonobstante donatione facta de ipsis nobili Jacobo de Allemanono.
Item pro domino Arnulpho la Caille quem domina constituit magistrum rationalem regiœ curiœ comitatuum Provinciœ et Forcalquerii ad gagia consueta.

Ce jour Madame fu devers le pape et le duc de Bourbon li fu au devant. Qu’ils besongnèrent, je ne scés, mais crois que pau ou nient.
Ce jour en la chambre du pape nommée la chambre du cerf, Madame me commanda, présent le pape et le chamberlan, que je feisse faire lettres à messire George pour l’office de seneschal de Prouvence lequel à la requeste du pape li a ottroyé.
Le 13 jour, item pro Johanne Cassini 22 cive Aquensi cui domina promitit quod faciet eum restitui de Castro de Noheriis et de Teza pertuentus et quo usque fuerit restitutus, 200 florenos percipia super gabella Berrae.
Ce jour Madame envoia Olivier du Solier son secrétaire en Arles pour emprunter. Porta un blanch scellé pour faire recognoissance.
Le 15 jour, madame nous envoia messire de Bueil et moy devers monsieur de Bourbon requerir de Venir à Aix avec elle. Il le accorda.
Item…, pro judaeis commorantibus Aquis généralis confiruna cum expressione certorum capitulorum.
matio privilegiorum Item pro domino J. de Mayronnis 23 legum doctore de Aquis confirmatio et de novo donatio super officio magistri rationalis Provinciae.
Item pro Rostagno Vincentii 24 de Aquis, consimilis confirmatio pro se et Raymondo filio suo.
Item pro Johanne Cayrelli 25 de Aquis, cui ad requestam Rostangni Vincentii domina concedit officium porterii primae portae palacii Aquensis, cum gagiis consuetis.

Le 16 jour, Madame parti de Villenove vint disner à Avignon au palais devers le pape et messegneurs ses enfants. Après disner parti a grande solempnité et vint trop tard à Noves et passa Durance à grand dangier.
Monsieur de Bourbon convoia Madame hors d’Avignon avec les cardinaulx et puis retourna promettant landemain à Noves.
Le 17 Jour, Madame disna à Noves et délivra les prisonniers.
Le duc de Bourbon vint là à elle. Au giste venisme à Orgon, trois lieues. Passantes par un chastel nommé Saint-Andéol. Bertrand Boistard vint au devant en belle ordenance.
Le 18 jour, venismes ad castrum quod dicitur Malemo, trois lieues. Après disner passames Lambesc et au giste fûmes à Saint-Cannat, trois lieues.
Le 19 et 20 jour, à Saint-Cannat, attendants l’entrée de Aix. Ce jour le duc de Bourbon escript à la vicomtesse de Turenne que elle venist à reconsiliation à Madame, par son conseil.
Le 21 jour, Madame parti de Saint-Cannat, vint à Nostre Done de Consolacion 26 près de Aix. Là descendirent le roy et elle. Les sindics et conseil de Aix requirent que le roy et Madame jurassent observer les choses traictiées. Ils le jurèrent sur les esvangiles. Puis on cria Vive le roy Loys ! et acceptèrent la segnorie. Puis fu le roi vestu d’une cote de parement des armes de Jérusalem et de Sicile et monta sur un bel cheval d’autel,
parement extra, et li fu porté une poile d’or bordé de ses armes, de celles de Madame et de la ville, et ala-on à la grande esglise 27 faire oraison. Puis vint au palais et monsieur de Bourbon toujours avec li. Après disner, danser, etc.
Ce jour, la vicomtesse de Turenne rescript à monsieur de Bourbon en effect que li infourmé de son fait, elle feroit son commandemant.
Le 22 jour à matin, visitames en l’ostel de monsieur de Jaurin 28 les chapitres de Tharascon et en y eust plusieurs discordables. Commis furent aucuns à après-disner les accorder.
Le 23…. Ce jour parti monsieur de Bourbon à aler en pèlerinage à Marseille, et Madame le fist couvoier par Bueil et Beauval.
Le 25… ce jour, le duc de Bourbon se parti de Aix et nous le convoiasmes dehors la ville. Madame li donna un hanap d’or couvert et l’eiguiére de meisme, et li recommanda ses besongnes et il promist faire.
Le 27 jour, Vegile saint Simon et saint Jude, Madame ala oyr messe à l’esglise cathédrale et le roy, et fu le roy receu comme chanoine et vesti surplis et aulmuce et chappe et sci en estal en chor 29 et eust distribucions.
Le 28 jour, reviendrent messire P. de Bueil et messire J. de Beauval qui avaient convoié monsieur de Bourbon. Je me tings ce jour à l’ostel pour le fait que je devois faire landemain.
Le 29 jour, mardi, au palais, présents les evesques de Jaurin et de Sisteron, le comte camberlan 30, le visconte de Turenne 31, tout le peuple appelé, madame la royne et le roy son fils jurèrent tenir le traictié de Aix. Puis les trois syndics Antoine Vaureille, Guillem Verdun 32, Jehan Trois-Semaines 33 au nom de tout le peuple et de eulz firent hommage-lige à Madame et au roy son fils. Avant l’hommage fait, Antoine Boutherie conseiller de la ville fist une proposition moult notable, haec dies quam fecit dominus, etc. Après li je fis une aultre proposition avant les hommages.
Ce jour, scellé à Jehan des Haïes, escuyer breton, lettres par lesquelles madame le ordonne capittainne et viguier de Aix à un an. Item pro Pontio Berardi 34 cive Aquensi quem domina constituit magistrum rationalem magnœ curiœ regiœ ad vitam, cum gagiis consuetis. – Item commissto ad cundem (Petrumn Raynaudi) pro Bernardo Campifloreti 35 de Aquis causam habente contra Raynaudum Michaelis 36 de Aquis. – Item pro Romeo de Podio cive Aquensi mandamentum ad offiales Aquenses pro restitutione sibi facienda de bonis ad eum pertinentibus in castro de Gardana et ijus districtu.
– Item pro Audiberto de Roquavaria, cive Aquensi, mandatum super bonis suis ci restituendis.- Item commissio pro Petro Agorti de Aquis, ad cundum ad dominum Fulconem de Pontevès, pro controversia quœ est inter eum et cos de Villanova..

Le 30 jour, nous du conseil fusmes à une messe de obit en l’esglise cathédrale Saint-Sauveur, célébrée par le roy Loys. Après fu tenu conseil bien général devant Madame sur l’estat du pays. Assès parlé, peu conclu.
Ce jour parlèrent à moy Ber. Campifloreti, Poncius Berrardi, Jos. Siri 37 cives Aquenses, Petrus Benedicti, 38 Jacobus Garaldani, super materia Danielis concordes cum prœ auditis, et in idem conveniunt Jaurinensis et Sistaricensis episcopi.
Ce jour, le sire de Sault ala parler à la viscontesse de Turenne par l’ordonance de Madame, à Mairarghes et ce jour retourna.
Madame et le roy alerent oyr messe à une esglise près du palais, où sont nonnains de l’ordre de Saint-Dominice.39 l’evesque de Jaurin dist les vespres après disner auxquelles Madame ne peust estre pour maladie qui li prinst, nous estans au conseil avec elle.

NOVEMBRE (1387).

Vendredi, premier jour de novembre, Madame oy messe à la grand esglise, et fist le service et le sermon l’evesque de Jaurin. Ce jour firent sacrement les officiaulz qui s’ensuivent : le président de la chambre nommé Dominus Raymundus de Crota, les maistres rationalz, les notaires de la chambre et des appellacions, les rationals, messire J. de Maironnis.
Die quarta, domina audivit missam in ecclesia Sancti-Johannis 40 extra villam. Ecclesia est hospitalariorum in prœceptoria domini Reforciati 41 qui ca die de aquis recedens ad spatium
unius lecœ vel extra, prœdatus fuit per prœdones de Mairanicis 42 de equis, mantica et vassella. Prœcedente dia, domina audivit missam in domo prœdicatorum et celebravit missam novam more vulgari loquendo, Thomassinus suus capelanus. Habuit bonam offerendam.
Die quinta
, ce jour madame oy messe aux Frères mineurs et Balthazar disnat avec elle , et li devoit faire response se il seroit seneschal de Prouvence ou non.
Rostaing Vincent fist hommage à Madame et au roy, multis prœsentibus.
Die sexta, audivit Domina missam in domo augustinensium. Tunc dolui corde quia contra consilium meum domina ut mihi dicebatur faciebat Balthazar senescallum.
Ce jour Elziarus Grassi, 43 P.Ricardi senior, G. Tortoris, Hugo Berardi, P. Ricardi junior, J. Fabri, omnes negant velle subjici Danieli. 44
Item littera pro Guigoneto Jarente cui domina confirmat officium magistri rationalis sub eo modo quo habuit tempore Reginae Johannae. 45
Die septima, fuimus congregati in ecclesia prœdicatorum et fuerunt illi de villa. Aliqua proposui et ipsi responderunt multum nebulose, domino Gauffrido Ganhon respondente. 46
Die octava, de mane in domo prœdicatorum tenetum fuit consilium super modo invenendio quod gentes armorum exeant Provenciam.
Sero domina appunctavit secum Balthazaro quod non sit senescallus Provinciœ, dum tanem dominus Georgius senescallus constituatur.
Die nona, Domina audivit missam in ecclesia carmelistarum valde dirupta.
Item commissio pro G. Verdoni de Aquis quem domina retinet secretariuù regium.

Item pro domino Balthazar littera commissoria ut per Arnaudinum Prohane ponatur in !! possessione castri Arcarum per dominam dicto Balthazar concesso. Item pro domino Balthazar per quam ei donat castrum de Barghenson et recompessare promittit dominum Raymundum de Agouto. Item littera per quam domina promittit dicto Balthazar implere omnes promissiones ci factas per dominum Georgium, Guigonetum, la Caille, etc…, promitit etiam dictum Balthazar et fratres amicabiliter tractare, contra quos-cumque defendere.
Decima die novembris, homagium ligium fecit dominus Balthazar de Spinolis regi Ludovico et dominœ Mariœ reginœ Siciliœ de iis quœ domina sibi dedit en Provincia sine rerum expressione.
Ce jour après disner, présent le conseil, Madame reconsilia ensemble le visconte de Turenne et Guillem de Reberghes, disant qu’elle voulait qu’ils fussent amis et leur fist toucher les mains ensemble.
Scellée une lettre à Balthazar que Madame le tient quitte de certains deniers à li baillés par le thrésorier ; summis non expressis.
Le 12 jour, tendi Madame à conclusion que Balthazar venist avec Madame et il le refusa et tout le jour nous tint en suspens, enfin le nia, unde nos omnes doluimus et suspicionem recepimus.
Ce jour messire George et moy prenismes les serments des six frères de l’ospital 47 que en l’esglise Saint-Jehan ne souffreroient à leur povoir entrer personnes qui de l’obeissance la peut lever, et du capitainne avions reçu le serment, le jour devant, de la tenir pour Madame et non la rendre à homme sans son consentement.
Le jour 13, à grande peine Madame optint accord de Balthazar de venir avec elle et ce nous fist demourir tout le jour.
Après disner madame fist proposer aux sindics et conseil de la ville la cause de son département et furent dittes moult de bonnes paroles, hinc et inde.
Le 14 jour…. Ce jour nous partismes d’Aix et venismes disner à Saint-Cannat et après disner vindrent messire George et messire Balthazar comme nous.
Le 15, venismes à Orgon six lieues , et ibis comes camerarius 48 furibonde coram domina locutus est prospter castrum de Barghenson datum Balthazar quod dicit suum , inferens minas domino Georgio et La Caille et Rostagno Vincent et domino Johanni de Maironnes, et manus apposuit, domina prœsente, à la Caille et dominus Reforciatus 49 ejus avunculus semper eum ad pejora accendebat.  »
Nous ne pousserons pas plus loin ces extraits du journal de l’évêque Jean Lefèvre. On y aura vu, avec plaisir, nous l’espérons, une notice assez différente du peu qu’on lit dans nos historiens, sur la manière dont la ville d’Aix passa sons la domination de la seconde maison d’Anjou, a la fin du XIVe siècle, cent quarante-deux ans après l’établissement de la première. Ces historiens veulent que la reine Marie fut alors à Marseille, et l’on a vu qu’elle se trouvait à Avignon. La Caille n’était point encore prévôt de Saint-Sauveur, comme ils le disent, et nulle mention n’est faite dans ce journal, de la prétendue fuite de Balthasar Spinolis par la porte Sainte-Magdelaine. Loin de là, il se rallia au nouveau souverain et se fit payer bien chèrement sa défection envers la première maison d’Anjou.
Les noms des principales familles et des personnages de distinction qui habitaient notre ville à cette époque ont dû inspirer quelque intérêt aux amis des temps passés, et ce sont là les raisons qui nous ont fait copier un peu au long le journal d’un témoin oculaire si digne de foi, tel que l’est l’évêque de Chartres.50
Deux siècles plus tard, les Arcussia, seigneurs d’Esparron de Pallières, habitaient la rue de Jouques. Charles d’Arcussia, premier consul d’Aix en 1596-97, puis en 1619-20, fils de Gaspard, conseiller au parlement, était né là vers l’année 1550. 51 Il est l’auteur d’un livre très curieux et devenu fort rare quoiqu’il ait été souvent réimprimé, intitulé la Fauconnerie de Charles d’Arcussia, 52 etc.  » Si, pour juger du mérite de cet ouvrage, dit le P. Lelong, le grand nombre d’éditions qui en ont paru ne suffisait pas, l’estime où il a été chez les nations les plus instruites dans l’art de la fauconnerie, pourrait déposer en sa faveur. Il est rempli de recherches sur toutes sortes d’oiseaux, principalement sur ceux de la France et même sur l’histoire naturelle de différents autres animaux dont M. d’Esparron rapporte des particularités singulières. Il réfute fort judicieusement les erreurs des anciens naturalistes et des historiens, etc. 53 » Nous ajouterons plus particulièrement, pour ce qui nous concerne, qu’on trouve dans ce livre quelques anecdotes curieuses sur le roi Robert et le second mari de la reine Jeanne, sa petite-fille, Louis de Tarente. Ces princes, nous apprend-il, allaient chasser dans les quartiers du terroir d’Aix, au midi de la ville, nommés, à cause d’eux, les quartiers de Robert et de Luynes ; sur le comte Claude de Tende, fils du bâtard de Savoie, et le comte d’Angoulême, fils naturel du roi Henri II, l’un et l’autre gouverneurs de Provence et que l’auteur avait connus.
 » Le comte de Tende, dit-il, fut un des premiers fauconniers de l’Europe, tant pour tenir un bel équipage, que pour estre entendu en toute sorte d’oyseaux. Or, il n’avoit ceste vertu seule: car il aimoit la noblesse de ce pays comme ses enfants et sa libéralité le faisoit adorer de tous, car nul n’alloit le voir qu’il n’en rapportast quelque don. Annuellement il tiroit de son arat trente ou quarante chevaux de quatre ans que ses escuyers dressoient. C’estoit pour les dresser à la jeunesse qu’il nourrissoit pages, au sortir qu’ils faisoient de lui où les principaux du pays taschoient de loger à telle académie leurs enfants aisnéz. Et j’ay veu deux seigneurs du pays qui ont du despuis esté nos gouverneurs, qui avoient esté avec nous en ceste escole de vertu. Sa compagnie de gendarmes estoit en telle estime et si bien entretenue que (à la monstre qui ne manquoit de se faire de trois en trois mois) on voyoit souvent trois jeunes gentilshommes logés en une place d’archer, portant pour marque, l’un la salade en teste, et les deux un brassal chacun. C’estoit à la vérité la vraye escole et l’académie de la jeune noblesse du pays.
Feu M. le grand-prieur de France, Henry d’Angoulestme, fils naturel du feu roy Henry II (dit, autre part, Charles d’Arcussia) estant nostre gouverneur en ce pays, s’exerçoit à la fauconnerie avec un si bel ordre, que despuis ou n’a veu pour les champs aux perdrix, un plus bel attirail que le sien. Mais il ne permettoit point que les paysans prinssent les perdrix avec les chiens couchans, ni qu’on les tirast en volant. Aussi plusieurs de ce temps là qui vivent encore, peuvent dire que la quantité de gibier qui se trouvoit alors estoit infinie.
Je diray ensuite quel estoit ce bon grand-prieur de France. Mais à la vérité quand j’ouvre la bouche pour parler de ce Henry issu du sang royal, portant le nom fatal et disgracié, 54 je me trouble grandement. Si faut-il que j’achève mon entreprise. Je dirai donc que tout ainsi que l’extraction de ce dernier estoit du lieu le plus relevé, de mesme les vertus correspondoient à sa qualité. Les libéralités de l’un eussent esté vaincues par l’autre, s’il eust duré aussi longuement. Car ils reignoient par amour, consumant leurs rentes dans le pays où le commun profittoit. Quant à ce qui estoit de leur fauconnerie, je ne sçaurois à qui des deux en donner le prix. Tous deux en estoient capables et l’excellence de leur temps. Je ne vous diray les autres vertus qu’on reconnaissoit entre eux, ne se pouvant mettre sur une feuille de papier. L’un avoit acquis la prudence par le temps et les preuves, estant octuagenaire et l’autre n’ignoroit rien de ce qu’un prince doit savoir. Mais il fust vendangé avant son terme pour estre un fruict trop exquis pour la Provence. Si vous me reprenéz que ma lettre est longue, c’est la coutume des vieillards d’estre prolixes en leurs escritures.  »
Jacques Maretz, professeur de mathématiques, géomètre et graveur qui vivait dans la première moitié du XVIIe siècle, demeurait dans la rue de Jouques. Il est auteur du plan géométrique de la ville d’Aix qu’on trouve à la fin des discours sur les arcs triomphaux dressés en 1622 à l’occasion de l’entrée de Louis XIII en cette ville, et qui est très curieux en ce qu’il nous montre exactement la ville telle qu’elle était à cette époque. C’est sur ses mémoires que son gendre grava la Carte géographique de Provence, placée en tête de la grande histoire de cette province, par honoré Bouche, et il laissa, dit-on, en manuscrit, une foule de plans et de dessins qui lui faisaient le plus grand honneur. Il vivait encore en 1642 et n’eut qu’une fille nommée Magdelaine, mariée, en 1637, à Louis Cundier, graveur. Celui-ci a exécuté, outre la carte de Provence dont nous venons de parler, le plan géométrique de la ville d’AIX qui accompagne l’histoire de cette ville par Pitton, et qu’il publia de nouveau avec quelques changements en l680. Ces plans sont curieux surtout quand ils sont rapprochés de tous ceux que nous connaissons et dont nous allons donner la nomenclature.
I – Aquensis civitatis vera delineation, anno 1468, regnante Renato, etc., dédié et présenté, en 1749, à MM. les consuls et assesseur d’Aix, par H. Coussin ; 11 pouces hauteur, 18 pouces largeur. (Ce plan, quoique exécuté plus de 300 ans après la date qu’on lui donne , représente assez fidèlement la ville telle qu’elle était en 1468 sous le roi René. Mais les distances y sont mal observées et c’est plutôt un tracé à vol d’oiseau que l’ouvrage d’un géomètre).
II – Le vray portraict de la ville d’Aix en Provence (1573) ; 11 pouces hauteur, 14 pouces largeur. Se trouve à la pag. 344 tome 1er de la Cosmographie universelle, de François de Belleforet, Paris, Chesneau,1575 in-f°. (Il est devenu très rare et il est fort curieux comme ayant été fait à l’époque même dont il porte la date. On trouve néanmoins quelques inexactitudes comme au précédent.)
III – Le plan géométrique de la ville d’Aix (en 1622, lors de l’entrée de Louis XIII), dédié aux consuls, par Jacques Maretz ; 11 pouces hauteur, 7 pouces largeur.
IV – Plan géométrique de la ville d’Aix, capitale de la Provence (en 1666, pour l’histoire de Pitton), par Louis Cundier ; 15 pouces hauteur, 18 pouces largeur.
V – Plan géométrique de la ville d’Aix, capitale de la Provence (en 1680) , par Louis Cundier ; 15 pouces hauteur, 18 pouces largeur. (C’est la même carte que la précédente retouchée. Un grand écusson aux armes de la ville, sur le bas à gauche, remplace notamment un précis en latin de l’histoire d’Aix qui se trouve dans l’autre).
VI – Plan de la ville d’Aix, capitale de la Provence, dédié à MM. les consuls et assesseur d’Aix, par Esprit Devooux, gravé par H. Coussin, 1741 ; 18 pouces hauteur, 25 pouces largeur. (Voy. sur H. Coussin, ci-dessus pag. 198, note 1).
VII – Plan géométral de la ville et des dehors d’Aix, capitale de la Provence, divisée en ses cinq quartiers, dédié à MM. les consuls et assesseur d’Aix, par Esprit Devooux , grave par H. Coussin (en 1753) ; 32 pouces hauteur, 44 pouces largeur. ( Dans le coin inférieur à gauche, se trouve répété le plan de la ville en 1468, (ci-dessus n° I ).
VIII – Nouveau plan de la ville d’Aix et l’ancien tel qu’il était dans ses trois divisions nommées Aquœ-Sextiœ, etc., dédié à M. le baron de Caillard-Lonjumeau, par Esprit Devooux, gravé par H. Coussin (en 1762), 26 pouces hauteur, 36 pouces largeur. (Dans la partie supérieure de la carte se trouve le plan moderne de la ville l’Aix et dans la partie inférieure, le plan ancien de la ville sous les Romains ; plan supposé, car il y a bien des erreurs, notamment en ce qu’on y porte l’ancienne ville jusqu’au Jas-de-Bouffan.)
Nous ajouterons à ces plans les suivants, sans dire pour cela qu’il n’en puisse exister d’autres que nous ne connaissions pas.
IX – Plan d’Aix ; sur le coin supérieur à droite du plan topographique de la ville de Marseille, 1830, planche vu de l’Atlas de la statistique du département des Bouches-du-Rhône. (Il est exact, mais un peu petit et ne figure pas mal auprès des autres satellites de la ville de Marseille, tels que Arles, la Ciotat, Aubagne, les Martigues, Salon, Saint-Rémy et Tarascon ).
X – Plan de la ville d’Aix ; dans la XIIe partie, pag. 4, de la Topographie de la France, par Martin Zeiller. (Topographiae gallae, etc.- Franco Furti, apud Gasparum Merianum, 1653, in-f°).
XI – Plan de la ville d’Aix dans la IIe partie des plans et parties des principales villes de France, par Tassin, n°8 des plans de Provence, 1652, in-4°.
XII – Aix, ville capitale du comté de Provence. C’est une simple perspective prise du côté du midi de la ville telle qu’elle existait au XVIe siècle, avant même les agrandissements de Villeneuve et de Villeverte. Aveline, qui a gravé cette perspective vivait cependant deux siècles plus tard et l’a copiée sans doute sur une ancienne vue d’Aix.
XIII – Vue de la ville d’Aix capitale de la Provence, etc., dédiée à ses concitoyens par Joseph Muraire, etc. ( Mauvaise gravure in-f° qui paru vers 1790 et que nous mentionnons ici pour ne rien oublier de ce que nous connaissons en fait de plans et de vues de celle ville).
XIV – Vue d’Aix (petite et jolie gravure de M. Marius Reinaud, portant la date de 1824).
Nous ne parlons pas des deux plans que M. Aubin, notre éditeur, a promis à ses 500 premiers souscripteurs ; non plus que du tableau peint à l’huile, représentant le Siège d’Aix par le duc d’Epernon, en 1593 et 1594, qui se trouve au musée de la ville ; ouvrage très curieux dont nous donnerons la notice dans notre dernier volume, art. Saint-Eutrope.

Louis Cundier, gendre de Maretz, laissa trois fils qui furent graveurs comme lui ; Jean-Claude, Jacques et B… Cundier. 55 Jean-Claude fut peintre en même temps qu’il était graveur et eut un fils nommé Jacques, ainsi que l’un de ses oncles. Ce dernier, Jacques, naquit à Aix le 4 février 1694, et y mourut le 26 juillet 1732, à peine âgé de trente-huit ans. Il a gravé notamment une grande quantité de portraits comme avaient fait, avant lui, son oncle, Jacques Cundier l’ancien, et Coelmans. 56 Jean-Claude rivalisait pour la peinture avec les Cellony, Palme, Sièyes, etc. desquels nous avons déjà parlé. 57
La rue de Jouques se recourbe, à son extrémité, le long du bâtiment de l’Université et vient aboutir sur la place du même nom. Là, était, au milieu du XVIe siècle, la maison de Barthélemi de Thomas, seigneur de Milhaud, d’où ce bout de rue s’appelait, avant 1811, la rue Milhaud, comme il est marqué sur les trois plans d’Aix gravés par Coussin, en 1741, 1753 et 1762 ; mais cet artiste a eu tort de lui donner encore ce nom de Milhaud dans son plan de la ville telle qu’elle était en 1468, puisque Barthélemi de Thomas n’a vécu qu’un siècle plus tard. Reçu conseiller au parlement en 1544, il mourut en 1580. 58

1 Il ne faut pas confondre cette famille avec le village du même nom duquel il ne paraît pas qu’elle ait jamais eu la seigneurie. Celle-ci appartenait, à cette époque aux archevêques d’Aix et avait passé plus tard dans la maison d’Arbaud. Retour

2 Voyez ci-dessous, rue des Guerriers. Retour

3 Voyez le livre rouge sur parchemin, aux archives de la ville, f° 6 ; et Pitton, Histoire d’Aix, pag. 202. Retour

4 Nous avons parlé plus haut de cet important manuscrit, pag. 230, note 1. Il commence au 28 juillet 1381 et finit au 13 juin 1388. On y trouve les détails les plus curieux sur tout ce qui se passa à la cour de Louis 1er et de Louis II pour entrer en possession du royaume de Naples et de la Provence, en vertu du testament de la reine Jeanne. Nous en rapporterons ci-après les morceaux les plus intéressants pour nous, en ce qui concerne la réduction de la ville et de l’Union d’Aix, sous l’obéissance de la seconde maison d’Anjou. Le Laboureur a fait usage du manuscrit de J. Lefèvre, dans son Histoire particulière de Louis de France duc d’Anjou, etc., qui précède celle de Charles VI, roi de France (Paris, 1663, deux volumes in-f°, tome 1er pag. 46 à 72), et il en donne des passages entiers fort curieux, mais qui n’intéressent pas spécialement la Provence. – Baluze en cite aussi des fragments dans ses Vies des papes d’Avignon, ainsi que M. de Nicolaï dans ses Mémoires sur la propriété du Rhône. Les anciens historiens de Provence autres que Papon, ne l’ont pas connu du tout. Retour

5 Marie de Blois, veuve de Louis 1er d’Anjou, mère et tutrice de Louis II. Retour

6 Guigonnet Gerente ou Jarente, duquel nous avons parlé, pag. 177. Retour

7 Arnoux la Caille, de Senlis, notaire et secrétaire de Louis 1er, reçut le testament de ce prince le 26 décembre 1383 (voyez l’Histoire de Charles VI, roi de France, par Jean Juvénal des Ursins, 1653, in-f°, pag. 765 et suivantes) il fut l’un des plus zélés serviteurs de la seconde maison d’Anjou, et fut récompensé de ses services par la prévôté du chapitre de Saint-Sauveur d’Aix, lorsque cette maison fut en paisible possession de la Provence. C’est donc à tort que Bouche, Pitton et de Haitze disent qu’il l’était déjà en 1387, lorsqu’il persuada aux habitants d’Aix de reconnaître la souveraineté de Louis II (Bouche, Histoire de Provence, tome II, pag. 411; Pitton, Histoire d’Aix pag. 202; et de Haitze, Histoire d’Aix, livre V, $ 3). En 1400 le prévôt de la Caille traita, conjointement avec l’évêque de Sisteron et le docteur Flamenc, du renouvellement de la trêve conclue, douze ans auparavant, entre les comtes de Provence et de Savoie (Papon, Histoire générale de Provence, tome III , pag. 298) Il parait que c’était un homme de mérite, il mourut en 1408. Retour

8 Louis II d’Anjou, roi de Naples, comte de Provence, etc., né en 1377, mort en 1417. Retour

9 Eléonore de Comminges, mariée, en 1349, à Guillaume Roger, comte de Beaufort, frère et neveu des papes Grégoire XI et Clément VI, duquel elle eut Raymond, comte de Beaufort et vicomte de Turenne, célèbre dans l’histoire de Provence par les guerres qu’il y fit contre Louis II, et les dévastations qu’il y commit à la fin du XIVe siècle. Elle habitait alors le château de Meyrargues. Retour

10 Depuis évêque de Marseille, de 1396 à 1403 ; il avait été l’un des secrétaires, de la reine Marie. Retour

11 Ce Burgarin de Triboldis était un chaud partisan de Charles de Duras et, par conséquent, des plus opposés à tout traité avec la reine Marie ; car on lit dans le même journal de J. Lefèvre, à la date du 2 août 1387  » Ce jour eust Madame lettres que ceulz de Aix avoient eu rumeur et avoient les syndics fait prendre Burgarin et son fils et Antoine Terras, et mettre en fers en 1’église Saint Jehan, laquelle est establie de ceulz de la part du roy Loys, et deux mauvais touchins qui crièrent : Vive le roy Carles ! furent occis. Les Triboldis demeuraient, à cette époque, à la rue de Bigourre, dite aujourd’hui la rue Boulegon, cette famille est éteinte depuis plusieurs siècles. Retour

12 George de Marle, maître d’hôtel du Pape, était, depuis 1386, grand-sénéchal de Provence dans la partie qui reconnaissait la seconde maison d’Anjou, et le fut pour la totalité de la province, à la pacification des troubles, jusqu’en 1400. Retour

13 Balthazar Spinola ou Spinolis, était alors grand-sénéchal dans la partie de l’Union d’Aix ou de Charles de Duras. Il fit sa paix avec la reine Marie, et se fit acheter, tout comme s’il eût vécu de notre temps. Voici ce qu’on lit dans le journal de J. Lefèvre, à la date du 5 août 1387 :  » Le 5 jour, Guigonnet et La Caille dirent en conseil à Madame que treize mille florins de chambre fault avoir à Balthazar dedans le 18 de ce mois, ou traictié nul. Quant à Balthazar, le mot fut dur que Madame ne les avoit. Assés pesamment fu conclu que Madame iroit en Avignon veoir comment pourroit finir. La reine était alors à Pertuis, cherchant partout à emprunter. Retour

14 Nous avons vu plus haut, pag. 31, que ce Gabriel Eyraud ou Ayraud, habitait la Bouéno-Carriéro en 1409. Retour

15 Clément VII, chacun sait qu’il résidait à Avignon, comme avaient fait ses prédécesseurs, depuis Clément V qui y transféra le Saint-Siége en 1309. Retour

16 Marie de Blois était alors à Villeneuve-lès-Avignon. Retour

17 Il avait été syndic d’Aix en 1350-51, et c’est probablement à cause de son âge qu’il se trouvait à la tête des ambaxieurs de cette ville. Il était seigneur de Rognes. Retour

18 Il était, en ce moment, premier syndic d’Aix. Retour

19 Hugues Bernardi avait été reçu secrétaire-rational le 30 novembre 1361. Retour

20 Louis II, duc de Bourbon, né en 1337, mort en 1404. Retour

21 Antoine Boutaric, reçu maître-rational le 4 novembre 1387, ne le fut comme procureur et avocat fiscal, que le 17 avril 1398. suivant MM. de Bœuf et de Clapiers. Retour

22 Jean Cassini seigneur de Noyers et le Theze, était syndic d’Aix en 1380-81, et une seconde fois en 1389-90. Retour

23 Jean de Meyronis fut reçu maître-rational le 13 juin 1389. Noble Alphante Vincent, sa femme, était fille de Rostang, seigneur de Rognes. Retour

24 Avait été reçu maître-rational le 8 mars 1368. Retour

25 Il existe encore à Aix, dans la classe peu aisée, des Queyrel qui, probablement, ne se doutent pas de leur ancienneté dans cette ville. Retour

26 Ancienne église à quelques cents pas de la ville, hors la porte Notre-Dame, cédée aux RR. PP. Capucins lorsqu’ils s’établirent à Aix en 1385, maintenant réunie à l’Hôpital Saint-Jacques. Retour

27 L’église métropolitaine de Saint-Sauveur. Retour

28 Jaurin ou plutôt Javarin, aujourd’hui Raab, ville épiscopale de Hongrie, à vingt lieues de Vienne et de Bude. Il paraît, par le journal de J. Lefèvre, que l’évêque de Raab, qu’il appelle toujours Jaurin du nom de son évêché, était un cordelier gascon nommé Andrau natif de Saint-Emilion, et que Charles de Duras l’avait envoyé en Provence pour soutenir son parti. Il s’acquitta avec zèle de sa commission pendant plusieurs années, et finit par se rallier à la seconde maison d’Anjou lorsque la cause de la première maison fut entièrement perdue. Retour

29 C’est-à-dire dans une stalle du chœur. Retour

30 Raymond d’Agoult, seigneur de Sault, chambellan du roi. Retour

31 Raymond Roger de Turenne qui, avons-nous dit plus haut, fit tant de ravages en Provence à la fin du même siècle. Retour

32 Les titres latins le nomment Verdoni, et les listes des syndics d’Aix, écrites en Français, Verdoin. Retour

33 Jean Tressemanes, tige de la maison de Tressemanes, qui subsiste et qui est aujourd’hui l’une des plus anciennes de cette ville où elle a donné un grand de nombre de magistrats au parlement, à la cour des comptes, etc. J. Lefèvre francise le nom de ce syndic qu’il ne nomme que le troisième, tandis que toutes les listes imprimées de nos syndics le placent au second rang. Retour

34 Pons Berardi avait été syndic d’Aix en 1368-69. Retour

35 Les Campifloreti (champ fleuri) habitaient Aix aux XIVe et XVe siècles. Jean Campifloreti était syndic d’Aix en 1480-81. Retour

36 Les Michaëlis, fort anciens dans Aix, avaient donné une foule de syndics et de consuls, de magistrats au parlement et à la cour des comptes, et s’étaient divisés en plusieurs branches qui se sont éteintes dans le courant du XVIIIe siècle. Retour

37 On trouve dans la liste des syndics d’Aix un Pierre Sire en 1319 et 1326 et un Jean Sire en 1359. Retour

38 Pierre Benedicti, syndic d’Aix en 1380-81, puis en 1389-90, auteur d’une famille qui avait pris le nom de Benoît lorsqu’on commença à contracter en français sous François 1er, et qui s’était divisée en plusieurs branches. La seule qui existât à Aix à la fin du XVIIe siècle, s’était alors séparée en deux, lesquelles se sont éteintes de nos jours. Le dernier mâle de l’une, Pierre-Joseph-Marc de Benoît, était dernier consul d’Aix en 1783 et 1784 ; et le dernier mâle de l’autre, François de Benoît, était avocat du roi au bureau des trésoriers de France à Aix, au moment de la révolution en 1789. Ils n’ont laissé que des filles l’un et l’autre. Retour

39 Les religieuses de Notre-Dame-de-Nazareth, autrement dites de Saint-Barthélémy, à la rue de Bellegarde, supprimées au commencement de la révolution. Retour

40 L’église de Saint-Jean, alors commanderie et prieuré de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, se trouvait en ce temps-là hors la ville, et n’a été renfermée dans celle-ci qu’en 1646. Retour

41 De la maison d’Agoult. Reforciat d’Agoult, fils de Raymond, seigneur de Sault, vicomte de Reillane, etc.., grand-sénéchal de Provence, et de Léone des Baux, des Seigneurs de Meyrargues, était commandeur d’Aix et de Puymoisson, lorsqu’il fit hommage à Louis II, suivant le journal de J. Lefèvre, le 26 mars 1385 (v. st.), et le 24 juillet d’après (1386), il portait, suivant le même journal, une bannière du roi à l’entrée de celui-ci à Sisteron. Il assista, au mois d’octobre 1387, aux chapitres de paix accordés entre la reine Marie, tutrice et régente de son fils, et la ville d’Aix ; et en 1396, il fut encore présent aux Etats-généraux tenus à Aix contre Raymond de Turenne. Le pape Benoît XIII le nomma grand-Prieur de Saint-Gilles, au mois de mars 1402, ce qu’on peut considérer comme une intrusion, Benoît XIII étant regardé comme anti-pape. L’auteur de 1′ Histoire manuscrite des grands-prieurs et du prieuré de Saint-Gilles (mss. de la bibliothèque Méjanes, deux vol. in-f°) , Jean Raybaud, avocat et archivaire de ce grand prieuré, nous a conservé le désappropriement (ou testament) de Reforciat d’Agoult, écrit en langue provençale, à la date du 6 avril 1402, par lequel il choisit sa sépulture dans l’église de Saint-Jean d’Aix, et dans la chapelle où est le tombeau de la reine Béatrix, etc. ; nommant pour ses exécuteurs testamentaires, Thomas de Puppio, archevêque d’Aix ; Guillaume Fabry, évêque de Riez ; Guillaume Guiran et Raymond Filleul, l’un et l’autre syndics d’Aix (Raybaud, tome 1er, pag. 329, et tome II, pag. 242). On regrette que ce personnage ait été omis dans la Notice sur l’église de Saint-Jean d’Aix, publiée, en 1825, dans le tome V des Mémoires de l’académie d’Aix, pag. 201 à 308. Retour

42 Meyrargues, appelé en latin Castrum de Mairanicis. Retour

43 Il avait été syndic d’Aix en 1381-82. Retour

44 J. Lefèvre revient plusieurs fois sur cette affaire qui paraît avoir eu de l’importance, mais sans dire jamais en quoi elle consistait. Retour

45 On trouve encore, à la suite de ces passages, d’autres lettres qui accordent des grâces ou des récompenses tant au dit Guigonnet Jarente qu’à d’autres personnes d’Aix, telles que Jacques Grimoldi, Raymond de Crota, Jean et Antoine Albert, Delphine Gantelmi, fille de feu Bérenger Gantelmi, Jean Ganhoni, archivaire depuis 1367, Jacques Guiramand, le seigneur d’Oraison, qui est fait gouverneur de la ville d’Aix et de sa viguerie, Jean Bérenguier, syndic en 1385-86, établi capitaine du château de Vauvenargues, etc. Nous en faisons grâce à nos lecteurs, ainsi que d’autres lettres en faveur des religieuses de Notre-dame-de-Nazareth, des FF. Prêcheurs, Augustins, etc. Nous allongerions trop ces citations. Retour

46 Geoffroy Ganhoni devint avocat et procureur-général à la cour des maîtres-rationaux en 1399, puis président de la même cour en 1403. Retour

47 On entendait alors par ospital, l’église des Chevaliers hospitaliers. Retour

48 Le comte camberlan était, avons-nous dit plus haut, Raymond d’Agoult, seigneur de Sault. Retour

49 Reforciat d’Agoult, commandeur d’Aix, était l’oncle de Raymond. Retour

50 Les chapitres de paix, signés le 21 octobre 1387 dans l’église de Notre-Dame-de-Consolation hors la ville, sont transcrits en langue provençale, dans le livre rouge de 1’Hôtel-de-Ville, f° 19 et suivants, jusqu’au f° 30, sous la fausse date du 1er dudit mois d’octobre ; ce qui a causé l’erreur de nos historiens qui rapportent à cette date du 1er octobre 1387 l’entrée de Louis II et de la reine Marie à Aix. Mais au f° 34 v° du même livre rouge jusqu’au f° 41, les mêmes chapitres de paix sont transcrits en latin sous leur vraie date du 21 octobre, ce qui est conforme au récit de Jean Lefèvre. C’est de même à la date du 21 octobre qu’on a inséré ces chapitres de paix dans le Recueil des priviléges d’Aix (1741, in-4°), pag. 1 à 22, où on peut les lire, ainsi que dans Pitton. Quant aux actes passés au palais d’Aix suivant J. Lefèvre le 29 du même mois d’octobre, c’est bien à cette date qu’ils sont enregistrés dans le livre rouge précité, et aux f° que nous venons d’indiquer. Retour

51 Nous avouons ne pas avoir trouvé l’acte de baptême de Charles d’Arcussia dans les registres de la paroisse Saint-Sauveur ; mais il y a souvent des lacunes dans les registres de cette époque, et comme Gaspard d’Arcussia, son père, marié, en 1546, avec Marguerite de Glandevès, avait été reçu conseiller au parlement en 1542 et avait pris à nouveau bail, du chapitre de Saint-Sauveur, par acte du 17 avril 1549, notaire Bernardin Borrilli, une maison avec jardin à la rue de Jouques, moyennant une redevance annuelle dont il avait encore passé reconnaissance au chapitre le 15 juin 1553, devant le même notaire, nous ne faisons pas difficulté de dire que Gaspard demeurait dans cette rue de Jouques, et que son fils Charles, qui a donné lieu à cette note, y était né vers 1550. Nous ajouterons qu’en 1573 et le 7 juin, ledit Chartes épousa, à Aix, Marguerite de Forbin-Janson, de laquelle il eut divers enfants baptisés à Saint-Sauveur, ce qui prouve qu’il avait continué d’habiter sa maison paternelle qui, depuis, a été confondue dans les bâtiments des pères de l’Oratoire, aujourd’hui les dames Carmélites. On voudra bien nous dispenser dans la suite d’entrer dans d’aussi longues explications pour tous les faits ou dates que nous rapporterons ; il faudrait des volumes entiers pour y satisfaire, et nous aimons à penser qu’on s’en rapportera à notre soigneuse exactitude en pareilles occasions. Retour

52 La Fauconnerie de Charles d’Arcussia de Capre, seigneur d’Esparron de Pallières et du Revest en Provence, divisée en quatre parties, avec figures ; Aix, 1598, in-8°, chez Tholozan. – Paris, 1604, 1608, 1615 et 1621, in-8°. – Idem, divisée en dix parties, dédiée au roi, avec les portraits au naturel de tous les oiseaux ; Paris, Houzé, 1627, in-4° et Rouen, 1644, in-4° – C’est de cette dernière que sont tirés les passages que nous citons. Retour

53 Bibliothèque historique de la France, par le P. Lelong, tome 1er, pag. 208, article 3590. Retour

54 Charles d’Arcussia avait vu périr sous le fer des assassins les rois Henry III et Henry IV ; le fameux duc de Guise, Henri de Lorraine et l grand prieur de France, Henri d’Angoulême, gouverneur de Provence, tué à Aix par Altovitis en 1386. Voyez, au sujet de l’assassinat de ce dernier, rue des Grands-Carmes. Retour

55 Le prénom de ce dernier ne nous est connu que par la lettre B, qu’il Employait dans ses gravures avant son nom propre. Retour

56 Sur Jacques Coelmans, voyez ci-dessus, pag. 39, note 2. Retour

57 Voyez ci-dessus, pag. 86, notes 2 et 3 relatives à ces articles. Retour

58 Voyez ci-dessus, pag. 327, la liste des divers plans d’Aix, nos I, VI, VII et VIII. Retour