Les Rues d’Aix – Huitième agrandissement


Les Rues d’Aix
ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851
>>> Retour Accueil du Blog <<<

HUITIÈME AGRANDISSEMENT

(1605).

OSEPH BONFILS, qui réunissait à la charge de lieutenant général civil à la sénéchaussée d’Aix, celle de lieutenant général criminel, juge royal de la même ville, est l’auteur de cet agrandissement qui comprend ce que nous appelons encore aujourd’hui le quartier de Villeverte. Ce nom lui fut donné attendu que la majeure partie en est assise sur une vaste prairie que la famille Bonfils possédait dans ce quartier, en dehors du rempart qui formait une échancrure depuis la tour de Saureli ou de l’angle en face de la rue de la Sainte-Baume, jusqu’à la tour d ‘Escoffier ou de Saint-Jacques, vers l’extrémité méridionale de la rue du Trésor, non loin du couvent des Augustins. 1 Joseph Bonfils avant conçu le projet de cet agrandissement, le soumit au conseil de ville, et en ayant obtenu l’approbation, s’adressa au roi Henri IV qui, par ses lettres-patentes données au mois de septembre 1602 et enregistrées au parlement le 23 novembre suivant, lui permit d’enclore dans les murailles de la ville et à ses frais, la pièce de terre qu’il possédait entre la  » porte des Cordeliers et celle des Augustins, suivant le dessin et figure qui en a été tracé, pour disposer ledit emplacement en rues, maisons et autres édifices ; les céder à bail perpétuel, bail à temps ou autrement, ainsi que bon lui semblera, et en jouir par lui ou ses ayants-cause comme de leur chose propre et loyal acquêt.  »
Bonfils, issu d’une très honorable et ancienne famille d’Aix, alors divisée en trois branches dont la sienne était l’aînée et les deux autres possédaient les seigneuries de Canaux et de Peiresc 2 avait mérité cette faveur d’Henri IV par son dévoûment dont il lui avait donné des preuves pendant les troubles de la Ligue, étant sorti de la ville à cette époque et s’étant réuni au parlement royaliste qui siégea successivement à Pertuis, à Manosque et à Sisteron. Il était né en 1536 et mourut en 1609, n’ayant joui que fort peu de temps de la permission que le roi lui avait accordée, laquelle ne commença à être mise à exécution qu’en 1605. Cet agrandissement comprend les rues suivantes, sur plusieurs desquelles nous aurons peu à dire.

 

1 Voyez au 1er vol., pag. 653, aux tours d’Escoffier et de Saureli. Retour

2 Ces trois branches sont éteintes. Il y a eu d’autres Bonfils à Aix, mais qui n avaient rien de commun avec elles. Retour