Joseph Cabassol n’est plus


Dans le « Petit Marseillais » du 26 mai 1928 :

« Aix-en-Provence, 25 mai. — M. le premier président Cabassol est décédé hier, à 14 heures, succombant à une longue et douloureuse maladie qui, eu dépit des soins éclairés du professeur Guujoux et du docteur Elysée Casse, a eu raison de sa forte constitution. C’est une grande figure provençale qui disparaît. Joseph-Marie-Victor Cabassol naquit, à Aix-en-Provence, le 20 janvier 1859. D’une ancienne famille locale ayant été naguère revêtue a différentes reprise» de plusieurs charges édilitaires. Après de solides études secondaires, il entra à la Faculté de droit et s’y lit remarquer de suite, par son aisance d’adaptation aux diverses matières enseignées, inscrit au barreau dès sa licence obtenue. Il poursuivit les cours pour l’obtention du doctorat. Sa thèse a peine reçue, il devenait lauréat de la conférence du stage. Avec une extraordinaire rapidité il se créa une situation de premier plan au barreau. Membre du Conseil de l’Ordre d’abord, il se vit conférer le bâtonnat de 1903 à 1905. Mais son cabinet, pourtant encombré de dossiers, ne suffisait plus à employer toute son activité, il se tourna donc vers la politique, sûr de rendre de précieux services à celte cité natale qu’il n’eut jamais la tentation de quitter. Élu conseiller général du canton d’Aix-Sud, le 7 août 1898, il le demeura dix ans jusqu’au 7 juillet 1908. Démissionnaire à cette dernière date, il était réélu le 24 juillet 1910, et devint président de l’assemblée départementale, pendant la douloureuse période de 1914 à 1917. Entre-temps, il pénétrait à l’hôtel de ville d’Aix et exerçait les délicates fonction de maire du 10 août 1902 au 19 octobre 1908. Et ce ne fut pas tout, en dehors de ses fonctions électives, M. Joseph Cabassol accomplissait de lourdes tâches: il fut et il était encore hier vice-président de la Commission des hospices, membre du Conseil académique, administrateur de la Caisse d’épargne, membre de la Commission de surveillance des prisons, etc., etc. Cela ne lui suffisait point encore. M. Joseph Cabassol, poète délicat, lettré et érudit, prosateur de talent, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences et Belles-Lettres, il écrivait fort heureusement. On lui doit notamment : Le Parlement d’Aix, défenseur des droits et traditions de la Provence; Joseph Thierry, député de Marseille et ambassadeur de France; La Vie et les Œuvres de Charles Giraud, professeur de droit d’Aix et membre de l’Institut sous l’Empire, et d’autres études encore. Mais le meileur de son cœur allait peut-être à cette Société des Amis des Arts dont il fut l’un des fondateurs et dont il meurt président. Société qui a tant luit pour maintenir et développer le goût de la peinture dans « la cité dés peintres ». Meurtri dans ses affections pendant la guerre par la mort d’un fils chéri, Joseph Cabassol, abandonna la barre et les assemblées élues, il entra dans la magistrature et gagna tout de suite les « hauts bancs ». Par décret en date du 12 Juin 1917, en effet, 11 était nommé président de chambre. Là encore il – remporta tous les suffrages. Aussi fut-ce par un assentiment unanime que fut accueilli le décret du 13 avril 1927 qui l’appelait a revêtir l’hermine de premier président. Son installation, qui eut lieu le Jeudi 28 avril, apparut comme une fête publique. A peine un un s’est-il écoulé… Homme de fière allure et de grandes manières, de culture variée et de science juridique étendue, condescendant et courtois pour tous, affable pour ses intimes, éloquent et disert, après avoir été un grand avocat, il fut sans effort un magistrat de haute lignée. Il donnait la sensation très nette de ce qu’est et doit être : M. le premier président. »


Sources et droits des documents de cet article :



• Collection personnelle de Thierry Brayer

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